Rencontres - Véronique Salomon, créatrice d'Ikyomé

Peux-tu nous raconter rapidement ton parcours et ce qui t’a amené à avoir aujourd’hui cette jolie boutique ? Quel type de lieu voulais-tu créer quand tu as aménagé ta boutique ?

L’idée n’était pas autour d’une boutique, mais d’un « show-room », un atelier-boutique dans lequel je travaille et je vends mes créations. C’est devenu une vraie boutique à cause des clientes qui en réclamaient l’ouverture permanente !

Je suis illustratrice free-lance et j’ai beaucoup travaillé en textile et édition, dans le secteur enfant. Je voulais relier le papier et le coton, en donnant un sens à des produits du quotidien comme le linge de lit.

Et puis le lieu était plein de lumière, j’ai mis une grande vitrine, et eu envie d’en montrer plus, avec d’autres créateurs aussi pour l’échange et le partage, et le bonheur de « l’art ».

Je voulais montrer mes créations autour de l’enfant, et plus particulièrement de « l’heureuse parenthèse » , ce moment unique, quand on se pose et qu’on lit des histoires aux enfants, mais j’avais aussi envie de rencontres avec d’autres créateurs de tout bords, dans la mesure où leurs créations ont un sens et une vraie qualité artistique.

On me demande souvent comment je fais pour créer. Tu es toi-même créatrice, comment répondrais-tu à cette question ?

Je dirais que, pour moi, c’est comme ma vitamine essentielle, quand je « blues » et que la motivation cale, j’en suis malade. Je suis portée généralement par cette envie de créer qui s’éveille sur une proposition parfois très banale, un petit rien qui fait pétiller l’envie, un oiseau qui piaille et j’imagine l’histoire, la façon dont je vais le dessiner, quelles couleurs vont lui aller, et quel sera son décor…

Comment décrirais-tu tes créations ?

C’est un univers non fermé, prêt-à-rêver, qui se manifeste sous plusieurs formes. En commençant par l’art, la main, le geste qui suis la pensée et qui dessine une image, pour se laisser porter jusque sur de la matière et du produit. C’est comme si l’image dessinée devenait tactile et sortait de sa contrainte des deux dimensions pour se poser dans notre quotidien. C’est aussi, dans mon cas, la survivance de l’enfance.

Quelle pièce de ta collection me conseillerais-tu d’acheter ? 

Une des housses de couette !! celle sur laquelle les animaux dorment (le petit livre dans lequel on les voyait vivre, est, hélas, épuisé), parce que la douceur de l’instant, le dessin, ces animaux-amis que l’on a envie de caresser, l’abandon rassurant de ce sommeil-là, et aussi la popeline si douce .

Qu’est-ce qui te fait avancer dans la vie ?

Créer, justement, pour vibrer, on se sent vivre intensément, et puis partager, échanger autour.

Quel type de parisienne es-tu ?

Une mauvaise parisienne : je ne prends que rarement le temps de me balader dans les expos ou d’aller au cinéma, mais j’apprécie les points de vue de la ville, quand on y circule, il y a toujours un angle magnifique, on vit au milieu des monuments , de l’histoire, et j’aime ça.

Sans oublier les oiseaux le matin, qui chantent (il y a plein d’arbres vers chez moi).

Accepterais-tu de partager avec nous tes 3 pépites parisiennes (restaurant, culture, shopping, activité, etc..) que tu t’étais juré de garder pour toi ?

Bon, quand je vais au Louvres dans l’aile Richelieu, il y a le cabinet des miniatures, j’adore, ! (portraits que l’on faisait pour montrer un promis ou une promise, et ils sont si contemporains).

Dîner au Square Trousseau, un petit bonheur (c’est une brasserie parisienne à côté de chez moi …sur le square Trousseau).

J’aime bien aller fureter chez Emmaus ou dans les puces.

Quel est ton rapport à la mode et plus particulièrement aux chaussures ?

Je travaille en free-lance pour un bureau de style, et je redoute un peu les tendances, justement ; J’aime bien la mode, mais je trouve que « tout se ressemble », et puis j’aime les belles matières, les jolies finitions, je suis attirée, pour tout dire, par des collections plus personnelles, plus « créateur » pour lesquelles je n’ai pas forcément de budget. Mais quand même, une marque plus abordable, c’est « Cotélac » qui travaille avec des illustrateurs.

Pour les chaussures, je suis une marcheuse (de la ville,,) et donc, j’ai du mal avec certaines formes de chaussures. Ceci dit, j’aime regarder les vitrines de belles collections, pour les matières, les couleurs et les détails .  

Pourquoi as-tu accepté d’accueillir Marion et sa première collection NaRae ?

Parce que, d’une part, nous avons eu un échange très fluide et intéressant, et, d’autre part, j’aime beaucoup l’idée d’associer des créations de tout bord, dont le lien est la création.

Il se trouve aussi que la collection de Marion me plaît beaucoup et me donnerait envie de chaussures féminines et raffinées, d’autant que les talons sont conçus pour pouvoir marcher !

Merci Véronique!