Rencontres - Cave Ici-Même & Galerie Graphem

Pouvez-vous nous raconter rapidement votre parcours et comment est né ce concept atypique de galerie-cave à vins ? 

Claire et moi, nous nous sommes rencontrées lorsque nous étions toutes deux assistantes de galerie dans le Marais en 2007.  Sans avoir prémédité de projet, nous avons rencontré la graveur Nelly Stetenfeld en octobre 2011 et nous sommes allées visiter la Biennale de gravure de Sarcelles sur son conseil. Trois autres artistes de l’atelier de gravure des Beaux-Arts de Paris y étaient exposées, nous avons eu un coup de cœur pour le travail de ces quatre artistes et avons décidé de candidater au salon DDessin en mars 2012 avec elles. Lorsque nous avons été prises sur cette foire, nous avons monté la galerie Graphem. Pendant deux ans nous avons été nomade et en appartement, faisant cinq foires par an en France et en Belgique et en continuant de travailler par ailleurs. Au bout de la première année déjà, nous nous sommes rendues compte que le projet tel quel ne serait pas rentable et Claire a eu l’idée d’accoler au futur espace galerie un espace de cave à vins, ayant toujours eu une passion pour ce domaine. Elle a entrepris une formation de caviste en un an et la troisième année, en septembre 2014, nous avons ouvert Ici-Même et Graphem côte à côte au 68 rue de Charenton dans le 12eme. Entre temps, un ami de longue date, Bertrand, nous avait rejoint.

Quelle est la ligne artistique de la galerie Graphem? Quel message voulez-vous faire passer ?

Deux ans après notre installation, nous avons souhaité donner un nouveau visage au projet initial. Après avoir défendu la gravure, le dessin contemporain et les œuvres sur papier en général, une nouvelle ligne artistique conduit la programmation depuis septembre 2016, et un nouveau partenariat avec les artistes est imaginé. Les deux espaces communiquent et s'animent l'un l'autre, en faisant un lieu non conventionnel, vivant et convivial. Nous profitons de ce concept pour mettre en avant des projets aventureux, mettant au second plan le volet commercial d'une galerie classique, tout en laissant la possibilité aux visiteurs d’acquérir des œuvres auprès des artistes. 
Des expositions personnelles ou collectives d'une durée plus courte -trois semaines en moyenne-, tous médias confondus, pour lesquelles une véritable prise de possession de l'espace est envisagée avec des artistes de la scène émergente aux projets atypiques et expérimentaux. Véritable plateforme de dialogue entre le public et les artistes, Graphem souhaite également créer des évènements autour des expositions avec des rencontres, conférences, projections vidéos, performances, concerts, etc. 

Comment choisissez-vous les artistes que vous exposez ?

Par coup de cœur artistique et personnel ! Nous recevons énormément de candidatures par email, le bouche à oreille de notre réseau fonctionne aussi. Comme nous ne sommes plus limitées dans le médium des œuvres sur papier, nous regardons tous types de projet dans l’idée de la ligne décrite plus haut.

Quel est le programme des prochains mois pour la galerie ?

En ce moment nous avons des tirages originaux en noir et blanc des années 50 d’un photographe inconnu et mystérieux... Fin mars, une artiste chinoise Zhu Rong va venir faire une installation de dessins, puis nous exposerons les photographies contemporaines et les vidéos d’un artiste turc Mehmet Omur. En mai, un artiste de la première heure que nous aimons beaucoup, Henri Wagner, va nous faire une installation rock’n roll. En juin, une autre installation d’une artiste portugaise Jacoba Ignacio débordera sur la partie cave et en juillet enfin, nous accueillerons une plasticienne suisse Sabine Zaalem.

Sur la partie cave, comment fonctionnez-vous pour sélectionner les vins ?

Nous ne sélectionnons que des vins que nous avons gouté et aimés, issus de petits producteurs en bio, biodynamie ou nature.

Quelle est la bouteille du moment que tu me conseillerais de déguster ?

Nous aimons beaucoup en ce moment la cuvée « le rougefer » de chez Agnès et René Mosse, un chenin (blanc) de Loire d’une grande élégance avec beaucoup de vivacité et de minéralité.

Accepteriez-vous de partager avec nous vos 3 pépites parisiennes (restaurant, culture, shopping, activité, etc..) que vous vous étiez juré de garder pour vous ?

Notre cantine du midi chez Youpi et Voilà, un duo de chefs qui a investi les caves de Prague (rue de Prague dans le 12eme) avec un menu à 15 euros qui change tous les jours et que des produits frais.

Les Déserteurs rue Trousseau, l’un des meilleurs rapports qualité prix de Paris dans le haut de gamme de la gastronomie.

Et nous avons redécouvert récemment le musée de la vie romantique, intimiste et érudit, niché au fond d’une cour du 9eme arrondissement. On y découvre une très belle collection d’œuvres du 19eme siècle, et notamment d’arts graphiques.

Pourquoi avez-vous accepté d’accueillir Marion et sa première collection NaRae ?

L’espace de la galerie est justement fait pour accueillir une programmation atypique et donner une visibilité à des personnes qui n’ont pas de lieu. Comme nous il y a cinq ans, nous voulons soutenir les porteurs de projets intrépides et passionnés !

Merci infiniment !